Quand ils ont appris que Sirius élargissait ses critères de sélection, Guillaume Lachapelle et Meryem El Maâroufi n’ont pas hésité une seconde à se joindre au projet de coopération internationale en Équateur. Près d’un an après avoir réalisé leur stage de 21 jours, les deux finissants du programme Sciences humaines, profil Monde, en parlent encore avec fébrilité. « Sans Sirius, mon cégep n’aurait pas été le même! » a partagé Meryem.

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Le séjour plonge ses participants au cœur de la culture du pays, dans les Andes, puis dans la forêt tropicale. Pour la première portion du périple, dans la communauté des Quechuas, les étudiants ont donné des ateliers aux jeunes du primaire et ont travaillé à la réfection d’un centre communautaire. Pour favoriser la biodiversité, ils ont ensuite planté des orangers dans une plantation de cacao développé par la communauté Tsa’chila. « Le village a un projet de plantation de cacao pour en faire une entreprise équitable », explique Guillaume, « les orangers servent à protéger les plants de cacao, plus fragiles».

 

Parachutés dans la réalité

Les deux amis, qui se sont rencontrés grâce à Sirius, se rappellent encore les premiers jours en sol équatorien. Après un bref passage à Quito, ils ont rencontré leurs premières familles d’accueil à Cotacachi.  Malgré la préparation au séjour, le choc culturel survient, inévitablement, rendus sur place, parfois plus pour certains. « Je ne pensais pas que c’était aussi nice, tu vois les paysages et ça te donne une sorte d’émotion que tu ne soupçonnais même pas », raconte Meryem. Pour son collègue Guillaume, le souvenir d’un troupeau de vaches à rassembler avec sa nouvelle famille, à peine arrivé au pays, dans un panorama époustouflant, reste bien frais dans sa mémoire. Parmi les choses marquantes du voyage : l’hospitalité des familles, la chaleur du climat, mais surtout des gens, le dépaysement, l’ouverture et les nouvelles rencontres.

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Sur le terrain, l’émerveillement peut parfois faire place au découragement. À un moment, Meryem s’est demandé ce qu’elle faisait là. «Tu es vraiment dans la réalité; tu fais de l’agriculture dans les champs. Les conditions sont difficiles, c’est humide, il fait chaud, tu te fais piquer par des fourmis en creusant la terre, tu saignes! Mais après, tu te rends compte que grâce à nous, ils ont des centaines d’arbres de plus qui feront des fruits qu’ils pourront vendre pour financer d’autres projets, et tu réalises que tu es là pour quelque chose. » En cours d’année préparatoire et de financement, les participants ont plusieurs travaux et cours liés au projet. « On se demande à quoi ça sert, ajoute Guillaume, mais rendu là-bas, on comprend. Les notions de produits et tourisme équitables, de politique; tu n’arrives pas là sans rien connaître».

 

Deux communautés, un même attachement

« Guillaume et moi, on a eu vraiment du fun, on était content d’y être! », lance Meryem. Le regard pétillant, elle explique la chance qu’elle a eue d’habiter dans la maison du shaman des Tsa’chila, personne la plus respectée du village. Un habitat traditionnel, dans la nature, entouré d’arbres, avec une toilette traditionnelle. « Le confort n’était pas prioritaire pour nous » ajoute-elle. Les deux camarades ont mis à l’épreuve leur capacité d’adaptation et leur ouverture d’esprit. « Même s’ils n’ont pas les mêmes habitudes, par exemple, ils mangent avec les mains, relate Guillaume, en étant minoritaire comme visiteur, on se demande dans le fond, qui est-ce qui est différent? »

 

Une prise de conscience qui fait son chemin

S’ils sont tous deux revenus très attachés à leur famille d’accueil, Sirius a semé chez chacun d’eux quelque chose qui continue de grandir. « Après avoir côtoyé d’autres façons de vivre, je suis revenu dans mon quotidien différent, je vois les choses différemment » explique Guillaume. Meryem ajoute, encore émue,  « quand je suis revenue chez moi, j’ai pleuré. J’ai vu mon chez moi, la nourriture, internet, ma chambre, j’ai pris une douche chaude…j’ai réalisé combien j’ai de la chance. »

 

Une implication marquante

Après cette première expérience, ils songent déjà à retourner en Équateur et aux possibilités d’échange qu’ils auront à l’université. Bracelets équatoriens au bras, Guillaume veut partir six mois en Amérique du Sud, avant d’entamer son baccalauréat en Environnement alors que Meryem, qui pense aux communications pour ses études, voudrait surtout faire une session à l’étranger.

 

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