Vancouver2015#3Quand Fanny Audet et Vicky Bélanger ont décidé de participer au Stage en Techniques d’éducation à l’enfance (TEE) à Vancouver, au printemps 2015, elles étaient loin d’anticiper ce qui les attendait. Le stage de fin de programme obligatoire pour les finissantes est habituellement fait au Québec, mais peut aussi être réalisé à l’autre bout du pays, dans un milieu francophone minoritaire.

 

 

Toutes deux étudiantes au DEC-BAC intégré en Techniques d’éducation à l’enfance et Éducation préscolaire et enseignement primaire, elles ont passé huit semaines à Vancouver pour compléter leur diplôme d’études collégiales. Très recherchées du côté du Pacifique, les futures éducatrices répondent à un besoin criant de personnel pour les établissements francophones. Comme elles, 6 à 8 étudiantes du programme décident chaque année de faire le saut et de s’embarquer dans un projet de mobilité pour enrichir leur formation en TEE. Réparties dans six villes différentes et logées dans des familles d’accueil, les participantes sont encadrées par une éducatrice-guide locale et communiquent chaque semaine avec la professeure du cégep Édouard-Montpetit qui les supervise. À leur dernière semaine, la répondante de stage les visite pour compléter l’évaluation finale en les observant toute une journée.

Une expérience aux adaptations multiples

En plus de composer avec le dépaysement et la barrière de la langue de certains enfants, les futures éducatrices sont confrontées à une approche éducative complètement différente de celle utilisée et enseignée au Québec. «Les milieux de garde vancouvérois ont une approche plus scolarisante, semblable à ce que l’on voit chez nous en maternelle, explique Sylvaine Léger, coordonnatrice des stages du programme Techniques d’éducation à l’enfance et professeure. Ça contraste avec la pédagogie plus active et démocratique enseignée à nos étudiantes, plus axée sur le jeu, et ça oblige les stagiaires à comparer leur style d’intervention et faire le point sur leurs apprentissages», ajoute-t-elle.

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«Dans le cadre des activités que j’organisais, je devais démontrer ce que les enfants allaient apprendre et le mettre en pratique, par le jeu, explique Vicky. Ça implique donc de revoir mes acquis, d’échanger sur nos approches différentes et de concilier nos façons de faire.» «Les milieux de garde aiment ce qu’on apporte, renchérit sa collègue Fanny, ils sont très ouverts, ils apprécient nos techniques et veulent de la nouveauté».

 

 

Un échange bénéfique et enrichissant pour chacun

Bien qu’il y ait beaucoup de francophones en Colombie-Britannique, bon nombre de familles qui ouvrent leur logis aux étudiants sont d’origine asiatique. Une belle occasion de découvrir une autre culture qui demande aussi son lot d’adaptations que ce soit pour les règles de la maison ou les préférences culinaires. En plus de découvrir la région avec les familles, certaines participantes organisaient des activités la fin de semaine, pour se retrouver et partager leur expérience. «Même si on est seule dans notre famille, quand on se voit, on partage les mêmes émotions, on sait qu’on vit la même chose et c’est rassembleur», relate Vicky, qui a tissé des liens étroits avec les autres participantes. Comme le stage se fait en fin d’année scolaire, certaines étudiantes invitent leur famille à venir les rejoindre pour le début des vacances. Près de six mois après la fin de leur aventure, les deux participantes s’entendent pour dire que l’expérience est magique et qu’elle a changé leur vie.

«Je suis plus autonome, j’ai amélioré mon anglais, sans compter le bagage acquis; ça t’apporte autant professionnellement que pour toi-même», raconte Fanny. Sa camarade Vicky ajoute «qu’au début ça semble épeurant d’être seule dans un milieu qu’on ne connaît pas, mais il faut laisser la peur de côté et foncer. J’ai vraiment appris à me connaître et c’est la plus belle chose qui me soit arrivée! »